Derrière les colonnes du Parthénon se trouve bien plus qu’un architecte célèbre. Le temple a été conçu par Ictinos et Callicratès, dans le cadre d’un vaste programme lancé par Périclès, tandis que Phidias supervisait la décoration sculptée. Je présente ici le rôle précis de chacun, les dates du chantier et les principales confusions à éviter.
Le Parthénon est l’œuvre d’une équipe athénienne exceptionnelle
- Ictinos et Callicratès sont les architectes du temple.
- Phidias dirige la décoration sculptée et conçoit la statue d’Athéna.
- Périclès porte le programme politique et religieux de reconstruction.
- Le chantier principal se déroule entre 447 et 432 av. J.-C.
- Le bâtiment est construit en grande partie avec du marbre du Pentélique.
Qui a construit le Parthénon à Athènes
La réponse la plus juste est collective. Le Parthénon a été conçu par les architectes grecs Ictinos et Callicratès, puis réalisé par une importante équipe de tailleurs de pierre, de sculpteurs et d’ouvriers. Le chantier s’inscrit dans la reconstruction de l’Acropole voulue par Périclès, homme d’État athénien du Ve siècle av. J.-C.
| Personne ou groupe | Rôle principal |
|---|---|
| Ictinos | Conception architecturale du temple et organisation du projet |
| Callicratès | Architecture et direction technique du chantier |
| Phidias | Supervision de la sculpture et conception de l’Athéna Parthénos |
| Périclès | Initiative politique et conduite du programme de reconstruction |
| Artisans athéniens | Taille, transport, assemblage et décoration du marbre |
Il serait donc trompeur de dire que Phidias a construit seul le Parthénon. Son influence artistique est immense, mais son rôle ne remplace pas celui des architectes ni le travail quotidien des nombreux artisans qui ont donné forme au monument.
Pourquoi Périclès a-t-il fait bâtir ce temple
Le Parthénon remplace un temple plus ancien consacré à Athéna, détruit par les Perses lors du sac d’Athènes en 480 av. J.-C. Sa construction participe à la restauration de l’Acropole, mais elle exprime aussi la puissance retrouvée de la cité après les guerres médiques.
Le temple est dédié à Athéna Parthénos, la déesse protectrice d’Athènes. Il ne s’agit pas seulement d’un lieu religieux. Le monument affirme la richesse, l’autorité et le rayonnement culturel de la cité, alors au sommet de son influence dans le monde grec.
Périclès n’est pas l’architecte du projet. Je trouve cette confusion particulièrement fréquente, car son nom est étroitement associé à la reconstruction de l’Acropole. Il agit surtout comme commanditaire politique et coordonne un programme qui comprend aussi les Propylées, l’Érechthéion et le temple d’Athéna Nikè.
Le travail d’Ictinos et de Callicratès
Ictinos et Callicratèsconçoivent un temple d’ordre principalement dorique, enrichi de plusieurs éléments ioniques. Le bâtiment est réalisé en marbre du Pentélique, extrait dans les montagnes situées au nord-est d’Athènes, puis transporté et ajusté sur l’Acropole.
Leur génie ne tient pas uniquement à la taille du monument. Les architectes utilisent de subtiles corrections optiques. Les lignes parfaitement droites sont légèrement courbées, les colonnes présentent un renflement très discret et leur inclinaison est calculée pour donner à l’ensemble une impression de stabilité et d’harmonie.
- Les colonnes d’angle sont légèrement plus épaisses pour éviter qu’elles ne paraissent fragiles vues contre le ciel.
- L’entablement et le stylobate, la plateforme supérieure du temple, ne suivent pas une ligne totalement rectiligne.
- Les colonnes présentent un léger renflement appelé entasis, destiné à corriger les effets de la perception humaine.
Ces choix expliquent pourquoi le Parthénon paraît équilibré malgré sa monumentalité. Les constructeurs ne cherchent pas une géométrie froide, mais une architecture qui reste visuellement juste pour un observateur placé au sol.

Le rôle de Phidias dans le chantier
Phidias est le grand responsable de la dimension artistique du projet. Il supervise les sculptures des métopes, de la frise et des frontons, avec l’aide d’autres sculpteurs et d’ateliers spécialisés. Lui attribuer chaque sculpture serait toutefois excessif, car la décoration est le résultat d’un travail collectif.
Son œuvre la plus célèbre pour le temple est la statue d’Athéna Parthénos, réalisée en or et en ivoire. Elle se trouvait dans la salle centrale et devait impressionner les visiteurs par sa taille, ses matériaux précieux et la richesse de ses détails. La statue originale a disparu, mais des descriptions anciennes et des copies permettent d’en comprendre l’apparence générale.
La frise des Panathénées représente notamment une procession religieuse liée à la grande fête d’Athéna. C’est un point essentiel pour comprendre le monument. Le Parthénon n’est pas seulement admiré pour ses colonnes, il forme un ensemble architectural et sculptural cohérent, pensé pour raconter l’identité religieuse et civique d’Athènes.
Combien de temps a duré la construction
Les dates généralement retenues vont de 447 à 432 av. J.-C. Le gros œuvre aurait été achevé vers 438 av. J.-C., mais les sculptures, les finitions et certains éléments décoratifs ont prolongé le travail pendant plusieurs années.
Cette rapidité est remarquable pour un édifice entièrement réalisé en pierre. Les blocs de marbre étaient taillés avec précision, transportés jusqu’à l’Acropole, puis assemblés sans mortier dans les parties principales. Des éléments métalliques et des systèmes d’assemblage renforçaient certaines jonctions.
Nous ne connaissons pas le nom de la majorité des personnes ayant travaillé sur le chantier. C’est une limite importante des sources antiques. L’histoire a conservé les noms des dirigeants, des architectes et des artistes principaux, mais beaucoup moins ceux des carriers, des maçons et des sculpteurs qui ont exécuté les tâches indispensables.
Le Parthénon ne désigne pas toute l’Acropole
Une autre erreur consiste à employer les mots Acropole et Parthénon comme s’ils étaient synonymes. L’Acropole est la colline fortifiée qui rassemble plusieurs monuments, tandis que le Parthénon n’est que son temple le plus célèbre.
Il faut également le distinguer des bâtiments voisins. Les Propylées servent d’entrée monumentale, l’Érechthéion possède une fonction religieuse différente et le temple d’Athéna Nikè est beaucoup plus petit. Tous appartiennent au grand renouveau architectural d’Athènes, mais ils n’ont ni le même rôle ni les mêmes architectes.
Cette distinction permet de répondre plus précisément à la question de savoir qui a construit le Parthénon. On parle bien du temple d’Athéna conçu par Ictinos et Callicratès, et non de l’ensemble des monuments de l’Acropole.
Ce que le chantier du Parthénon révèle encore
Le Parthénon est l’œuvre d’une collaboration entre pouvoir politique, architecture et sculpture. Périclès a porté le projet, Ictinos et Callicratès en ont conçu la structure, Phidias en a dirigé l’ambition artistique et des centaines d’artisans en ont assuré l’exécution.
À mes yeux, c’est cette organisation collective qui rend le monument aussi fascinant. Le Parthénon n’est pas la création isolée d’un génie, mais le résultat d’une vision commune, de compétences complémentaires et d’un chantier dont la précision continue d’influencer l’histoire de l’architecture.