La basilique a atteint sa hauteur maximale, mais le chantier continue
- 1882 marque le début de la construction de la Sagrada Família.
- La tour de Jésus-Christ atteint désormais 172,5 mètres.
- La croix installée en février 2026 a achevé l’extérieur de la tour centrale.
- Les travaux intérieurs de cette tour doivent se poursuivre en 2027 et 2028.
- La façade de la Gloire et plusieurs aménagements restent encore à réaliser.
- La basilique se visite toujours, avec des billets disponibles en ligne uniquement.

Où en sont les travaux de la Sagrada Família en 2026
La grande nouvelle de 2026 concerne la tour de Jésus-Christ, le point culminant du projet imaginé par Antoni Gaudí. Le 20 février, le dernier bras de sa croix a été installé, portant l’édifice à 172,5 mètres. Cette opération a achevé l’enveloppe extérieure de la plus haute tour du temple, même si des interventions restent nécessaires à l’intérieur.
Il faut donc distinguer deux réalités. La Sagrada Família a atteint sa hauteur définitive, mais elle n’est pas encore entièrement terminée. Selon le site officiel de la Sagrada Família, les travaux intérieurs de la tour de Jésus-Christ doivent continuer en 2027 et 2028, tandis que les équipes se concentrent désormais davantage sur la façade de la Gloire.
Cette nuance est importante, car l’annonce d’un achèvement en 2026 a parfois été comprise comme la fin totale du chantier. Il s’agit plutôt de la fin d’une phase architecturale majeure, celle des six tours centrales. Les finitions, certaines sculptures et la façade principale demandent encore du temps.
Pourquoi la construction dure-t-elle depuis 1882
La première pierre a été posée le 19 mars 1882, à partir d’un projet néogothique conçu par Francisco de Paula del Villar. Antoni Gaudí reprend la direction du projet dès 1883 et transforme complètement l’ambition initiale. Il ne conçoit plus seulement une église monumentale, mais un ensemble complexe de 18 tours, trois grandes façades et une structure inspirée de la nature.
Gaudí travaille exclusivement sur la basilique à partir de 1914, mais il meurt en 1926 sans voir son œuvre achevée. À cette époque, seule une partie de la façade de la Nativité est terminée. La suite du chantier repose donc sur ses maquettes, ses plans, ses photographies et les principes géométriques qu’il avait développés.Le chantier a aussi subi des périodes d’arrêt et de ralentissement. La guerre civile espagnole a notamment entraîné la destruction d’une partie de l’atelier de Gaudí et de nombreux documents de travail. Plus récemment, la pandémie a provoqué une interruption temporaire en 2020, alors que le financement dépend principalement des billets d’entrée et des dons.
À mes yeux, la durée exceptionnelle du projet s’explique surtout par l’addition de trois difficultés. La basilique est immense, ses formes sont très complexes et chaque élément doit rester cohérent avec la vision de Gaudí. Ce n’est pas un simple chantier de restauration où l’on remplace une pierre abîmée par une pierre identique.
Quelles parties restent encore à construire
La tour centrale n’est plus le principal enjeu extérieur. Le travail se déplace vers la façade de la Gloire, qui doit devenir l’entrée principale de la basilique sur la rue de Majorque. Cette façade est la dernière des trois grandes façades du projet de Gaudí à être développée à grande échelle.
| Élément | Rôle dans le projet | Situation actuelle |
|---|---|---|
| Tour de Jésus-Christ | Point culminant de la basilique | Extérieur achevé en 2026, travaux intérieurs encore prévus |
| Façade de la Gloire | Entrée principale et représentation du chemin vers Dieu | Construction verticale en cours |
| Tours liées à la façade de la Gloire | Prolongement vertical de l’entrée monumentale | Travaux préparatoires et construction en progression |
| Décor et sculptures | Donner une portée théologique et narrative à l’ensemble | Choix artistiques et réalisations encore en cours |
| Aménagements extérieurs | Créer l’accès monumental imaginé par Gaudí | Projet complexe, notamment à cause de son impact urbain |
La façade de la Gloire soulève d’ailleurs une question qui dépasse la seule architecture. Son grand escalier doit s’inscrire dans un quartier déjà dense, ce qui pose des problèmes de circulation, d’urbanisme et d’expropriation. La finition du monument dépend donc aussi de décisions publiques et de discussions avec les habitants de Barcelone.
La basilique conserve en parallèle des éléments plus discrets à compléter, comme certaines parties des cloîtres, des espaces liturgiques et des détails décoratifs. C’est pourquoi je me méfie des dates présentées comme définitives. La fin d’une tour ne signifie pas nécessairement la fin de la Sagrada Família.
Comment le chantier respecte-t-il l’œuvre de Gaudí
Construire aujourd’hui une œuvre commencée au XIXe siècle exige un équilibre délicat. Les équipes utilisent des outils numériques, la modélisation en trois dimensions et des machines de taille de pierre, tout en conservant le travail de sculpteurs, de maçons et de spécialistes des matériaux.
Les formes de Gaudí reposent notamment sur des colonnes ramifiées, des arcs caténaires et des surfaces réglées. Un arc caténaire reprend la forme naturelle d’une chaîne suspendue, ce qui permet de mieux répartir les charges. Cette logique explique pourquoi l’intérieur ressemble à une forêt de pierre plutôt qu’à une nef gothique traditionnelle.
La technologie ne sert donc pas à simplifier le projet, mais à le rendre réalisable à grande échelle. Les modèles numériques permettent de vérifier les proportions, les angles et les charges avant la pose des éléments. La pierre, le béton, le verre, la céramique et les métaux doivent ensuite dialoguer avec les parties historiques sans créer une rupture trop visible.
Le débat sur l’authenticité reste légitime. La façade de la Nativité et la crypte, directement liées à Gaudí, sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO dans l’ensemble consacré à ses œuvres. L’UNESCO considère que leur forme, leurs matériaux et leur savoir-faire ont été préservés, tout en reconnaissant que la construction de la basilique se poursuit.
Je trouve cette situation plus intéressante qu’une restauration qui chercherait à donner l’illusion que tout a été achevé du vivant de l’architecte. La Sagrada Família montre au contraire comment une œuvre peut continuer à évoluer, à condition que les choix contemporains restent documentés et compatibles avec sa logique d’origine.
Peut-on visiter la Sagrada Família pendant les travaux
Oui, la basilique reste ouverte au public. Les grues et les zones de construction peuvent modifier certains points de vue, mais elles n’empêchent pas de découvrir la nef, les façades, le musée et les effets de lumière des vitraux. La visite permet même de comprendre concrètement la différence entre un monument achevé et un monument encore en train de prendre forme.
Le billet de base coûte actuellement 26 euros et comprend l’accès à la basilique et au musée, avec un audioguide disponible dans plusieurs langues. Le billet avec l’accès à une tour est affiché à 36 euros, pour une visite d’environ une heure trente. Les tarifs peuvent évoluer, il faut donc vérifier les conditions au moment de la réservation sur le site officiel.
- Réserver son créneau à l’avance, surtout pendant les périodes de forte fréquentation.
- Arriver à l’heure indiquée sur le billet, car l’entrée est liée à un horaire précis.
- Télécharger l’application officielle et prévoir des écouteurs pour l’audioguide.
- Ne pas confondre le billet de la basilique avec celui qui donne accès à une tour.
- Vérifier les restrictions liées aux escaliers, au vertige et à la mobilité avant de choisir la montée.
Les horaires changent selon la saison. D’avril à septembre, l’ouverture va généralement de 9 heures à 20 heures du lundi au vendredi, avec des horaires plus restreints le samedi et des horaires spécifiques le dimanche. Des cérémonies ou des événements peuvent toutefois modifier l’accès, même lorsque le chantier n’est pas en cause.
Pour une première visite, je privilégierais la nef et le musée avant la montée en tour. La hauteur offre une belle vue sur Barcelone, mais c’est à l’intérieur que l’on comprend le mieux le travail structurel de Gaudí et la manière dont la lumière transforme l’espace.
Ce que le chantier change dans notre regard sur la basilique
La Sagrada Família n’est pas seulement un monument à admirer une fois terminé. Elle est aussi un témoignage rare de la transmission d’un projet entre plusieurs générations d’architectes, d’artisans et de donateurs. En 2026, la tour de Jésus-Christ marque une étape spectaculaire, mais la façade de la Gloire rappelle que l’histoire du bâtiment n’est pas encore close.
Pour moi, c’est précisément cette tension qui fait sa force patrimoniale. On peut y observer à la fois l’œuvre de Gaudí, les restaurations du XXe siècle et les techniques du XXIe siècle. Une visite bien préparée permet donc de voir un chef-d’œuvre, mais aussi de comprendre comment un monument continue à se construire sans perdre sa mémoire.