Sarah Bernhardt sculptrice, les œuvres à voir à Paris

21 avril 2026

Sculpture en marbre d'un visage endormi, entouré de fleurs. Une œuvre d'art évoquant la célèbre Sarah Bernhardt.

Table des matières

Une statue de Sarah Bernhardt peut être le portrait d’une actrice célèbre, mais aussi l’œuvre d’une artiste qui pratiquait elle-même la sculpture. Je distingue ici ces deux réalités, avec les pièces les plus importantes, leurs lieux de conservation, les techniques employées et quelques repères utiles pour les observer à Paris ou dans les grandes collections internationales.

Sarah Bernhardt apparaît à la fois comme modèle et comme sculptrice

  • Deux approches se complètent : les portraits réalisés par d’autres artistes et les sculptures créées par Bernhardt.
  • L’Autoportrait en chimère, daté de 1880, reste son œuvre sculptée la plus célèbre.
  • Le Fou et la Mort, le buste de Victorien Sardou et les œuvres inspirées des algues montrent l’évolution de son style.
  • Le musée d’Orsay, le Petit Palais et le musée Carnavalet conservent plusieurs témoignages essentiels.
  • Pour une visite réussie, il faut vérifier les conditions d’exposition, car certaines pièces peuvent être conservées en réserve ou prêtées.

Deux histoires de sculpture se croisent autour de Sarah Bernhardt

Quand on parle de sculpture liée à Sarah Bernhardt, on mélange souvent deux sujets. Le premier concerne les bustes et médaillons qui représentent la comédienne, produites par des sculpteurs fascinés par son visage et sa présence scénique. Le second concerne sa propre activité artistique, longtemps reléguée derrière sa carrière de tragédienne.

Je trouve cette distinction essentielle, car elle change complètement le regard porté sur les œuvres. Bernhardt n’a pas seulement accepté de devenir une image sculptée : elle a aussi modelé, taillé et fait fondre ses propres créations, en exposant régulièrement au Salon des artistes français entre 1874 et 1897.

Elle commence la sculpture au début des années 1870, notamment auprès de Mathieu-Meusnier et Jules Franceschi. Sa formation reste toutefois en partie autodidacte. Cette liberté explique peut-être l’écart entre ses premiers essais assez classiques et ses pièces plus étranges, marquées par le symbolisme et l’imaginaire de la fin du XIXe siècle.

Les œuvres créées par Sarah Bernhardt révèlent une artiste à part entière

L’Autoportrait en chimère

Daté de 1880, l’Autoportrait en chimère est la pièce à regarder en priorité. Sarah Bernhardt s’y représente sous une forme hybride, associant un visage féminin, une créature fantastique et un crâne. L’objet est aussi un encrier sculpté, ce qui mêle portrait, sculpture décorative et symbole de la mort.

Le musée Carnavalet conserve cette œuvre, qui mesure environ 32 cm de hauteur. Elle ne ressemble pas à un simple autoportrait réaliste. Bernhardt transforme son propre visage en personnage de théâtre, comme si elle prolongeait dans la matière les métamorphoses qui faisaient sa renommée sur scène.

Le Fou et la Mort

Avec Le Fou et la Mort, réalisé en 1877, elle choisit un sujet dramatique inspiré de Triboulet, le personnage du Roi s’amuse de Victor Hugo. Le bronze montre déjà son intérêt pour les figures tragiques, les corps expressifs et les récits où le grotesque côtoie la fatalité.

Cette œuvre est particulièrement intéressante parce qu’elle appartient à une période où Bernhardt ne cherche pas encore l’abstraction décorative. Elle travaille le personnage et la narration, mais laisse apparaître une sensibilité plus sombre qui deviendra centrale dans son univers artistique.

Le portrait de Jacques Damala

Vers 1889, Sarah Bernhardt sculpte en marbre le portrait funéraire de son mari, l’acteur Jacques Damala. Conservée au Metropolitan Museum of Art, cette œuvre le représente comme endormi, enveloppé dans une atmosphère qui évoque à la fois le lit de mort et le linceul.

Je considère cette pièce comme l’une des plus fortes de son parcours. La douleur personnelle n’y est pas traitée par un simple effet théâtral : elle passe par la retenue du visage, le poids du marbre et la présence des fleurs fanées. C’est un exemple très parlant de la manière dont Bernhardt utilise la sculpture pour fixer une émotion intime.

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Les algues et les formes de Belle-Île

À partir de ses séjours à Belle-Île-en-Mer, Bernhardt s’intéresse aux algues, coquillages et poissons. Elle en prend des empreintes, les fait mouler et transforme leurs formes sinueuses en objets de bronze. Ce travail rapproche sa sculpture des recherches de l’Art nouveau, même si son approche reste très personnelle.

La pièce la plus surprenante est la Dague : Algues, réalisée en 1900. Longue d’environ 50 cm, cette œuvre en bronze à patine mordorée est à la fois une arme, un objet précieux et une sculpture. Elle fut présentée à l’Exposition universelle de Paris dans une vitrine consacrée aux algues et aux poissons, puis offerte au bijoutier René Lalique.

Le Petit Palais conserve également le buste de Victorien Sardou, réalisé en bronze en 1900. Ce portrait rappelle que Bernhardt ne se limitait pas aux créatures symboliques : elle savait aussi observer un visage réel et traduire la personnalité d’un proche.

Les portraits sculptés montrent comment son image a circulé

La célébrité de Sarah Bernhardt a produit une véritable industrie de l’image. Peintres, photographes, affichistes et sculpteurs ont chacun fixé une version différente de la comédienne. La sculpture ajoute une dimension particulière, car elle donne à son visage une présence physique et durable.

Le musée d’Orsay conserve notamment un buste de Sarah Bernhardt réalisé par Léon Gérôme. La polychromie, c’est-à-dire l’emploi de plusieurs couleurs sur la surface sculptée, renforce l’impression de vie et rappelle que les portraits du XIXe siècle n’étaient pas toujours conçus dans le blanc uniforme du marbre.

Au musée Carnavalet, un médaillon attribué à René Baudichon offre une approche plus intime. Avec son diamètre d’environ 8,7 cm, il ne cherche pas l’effet monumental. Ce format pouvait circuler, être conservé dans un intérieur ou servir de souvenir, ce qui montre comment la figure de Bernhardt passait du théâtre aux objets du quotidien.

Il existe aussi des statuettes et des portraits-charge en plâtre patiné. Leur intérêt ne réside pas uniquement dans la ressemblance. La coiffure, la posture, la robe ou l’expression permettent de comprendre comment la comédienne construisait elle-même son personnage public, bien avant les logiques modernes de communication visuelle.

Où voir ces œuvres et comment les regarder

Pour découvrir cette histoire en France, je recommande de commencer par Paris, où plusieurs institutions permettent de comparer les œuvres. Le Petit Palais est incontournable pour la production de Bernhardt, tandis que Carnavalet aide à comprendre la place de son image dans la mémoire parisienne.

Lieu Ce que l’on peut y chercher Pourquoi c’est important
Petit Palais Le Fou et la Mort, œuvres liées aux algues, buste de Victorien Sardou Pour suivre l’évolution de Bernhardt, du récit théâtral aux formes symbolistes
Musée Carnavalet Autoportrait en chimère, médaillons et portraits Pour voir le lien entre son identité personnelle et son personnage public
Musée d’Orsay Buste de Sarah Bernhardt par Léon Gérôme Pour observer la tradition du portrait officiel et la polychromie
Metropolitan Museum of Art Portrait funéraire de Jacques Damala Pour mesurer la force émotionnelle de son travail sur le marbre

Avant de se déplacer, il faut consulter les notices de collections et les informations pratiques. Une œuvre conservée par un musée n’est pas forcément visible en permanence : elle peut être en réserve, en restauration ou présentée dans une exposition temporaire.

Sur place, je conseille de regarder d’abord la matière avant de chercher l’anecdote. Le bronze révèle le geste et la patine, le marbre impose une autre forme de silence, tandis que le plâtre conserve souvent quelque chose de plus direct et expérimental.

Ce que ces sculptures changent dans l’image de la Divine

Sarah Bernhardt reste souvent enfermée dans le rôle de la grande tragédienne, avec ses costumes spectaculaires et ses photographies célèbres. Ses sculptures montrent pourtant une personnalité moins attendue, attentive aux textures, aux formes naturelles et aux symboles de la mort.

Je ne dirais pas qu’elle fut une sculptrice au même titre qu’un artiste ayant consacré toute sa vie à cet art. Son œuvre est moins abondante, sa production est inégale et certaines pièces restent difficiles à documenter. Mais réduire cette activité à un simple passe-temps serait une erreur, car elle a exposé, étudié et développé un langage plastique reconnaissable.

Son parcours est aussi important pour l’histoire des femmes artistes. Elle bénéficie d’une célébrité exceptionnelle, mais cette célébrité a parfois joué contre elle : le public voyait d’abord une vedette capable de tout essayer. Les œuvres les plus réussies prouvent pourtant qu’elle ne se contentait pas de poser son nom sur des objets décoratifs.

Le plus intéressant est peut-être le dialogue entre ses deux carrières. Au théâtre, elle change de visage et de posture pour incarner des personnages. Dans la sculpture, elle transforme la matière pour créer des figures qui semblent sorties d’un rêve, d’un drame ou d’un paysage marin.

Pour une visite vraiment réussie, cherchez la matière avant la célébrité

Le meilleur parcours consiste à comparer trois types de pièces : un portrait réalisé par un autre sculpteur, un autoportrait symbolique et une œuvre inspirée de la nature. Cette méthode permet de distinguer l’image fabriquée autour de Sarah Bernhardt de la vision qu’elle construit elle-même.

Je recommande aussi de noter le matériau, la date, le format et la fonction de chaque œuvre. Un petit encrier, un buste en bronze et un portrait funéraire en marbre ne racontent pas la même histoire, même lorsqu’ils portent tous le nom de Bernhardt.

En définitive, les sculptures liées à Sarah Bernhardt valent autant pour leur qualité plastique que pour ce qu’elles révèlent d’une époque où une actrice pouvait devenir modèle, créatrice, collectionneuse et véritable metteuse en scène de sa propre légende.

Questions fréquentes

Les pièces les plus importantes sont l’Autoportrait en chimère de 1880, Le Fou et la Mort de 1877, le portrait funéraire de Jacques Damala vers 1889, ainsi que la Dague : Algues de 1900. Le buste de Victorien Sardou montre aussi son intérêt pour le portrait réaliste.

Réalisé en 1880, cet autoportrait associe un visage féminin, une créature fantastique et un crâne. Il s’agit également d’un encrier sculpté d’environ 32 cm de hauteur, conservé au musée Carnavalet.

Le Petit Palais conserve notamment Le Fou et la Mort, des œuvres inspirées des algues et le buste de Victorien Sardou. Le musée Carnavalet présente l’Autoportrait en chimère et des médaillons, le musée d’Orsay un buste par Léon Gérôme, et le Metropolitan Museum of Art le portrait de Jacques Damala.

Une œuvre conservée par un musée peut être en réserve, en restauration ou prêtée à une exposition temporaire. Il est donc préférable de consulter les notices des collections et les informations pratiques avant de se déplacer.

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Dorothée Pereira

Dorothée Pereira

Je m'appelle Dorothée Pereira et je mets mon expérience de 4 ans au service de angso.fr pour explorer l'histoire, l'art et le patrimoine mondial. Ce qui me fascine dans ces domaines, c'est la manière dont les époques, les cultures et les créations humaines se répondent et façonnent notre présent. J'aime décortiquer les récits complexes pour les rendre accessibles, en m'appuyant sur une recherche rigoureuse et une comparaison des sources afin de proposer des analyses claires et pertinentes. Mon objectif est de partager des connaissances fiables et actualisées, qui éclairent notre compréhension du monde et de ses trésors.

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